L’olivier

L’olivier dans la région

L’olivier est tellement représentatif du paysage de la Provence, qu’il est difficile d’imaginer qu’il n’ait pas existé de tout temps. Certainement déjà présent à l‘état sauvage, il aurait commencé à être cultivé au VIème siècle avant J-C sous l’instigation des colonisateurs Grecs de Phocée. Des vestiges d’huileries ont été découverts dans des sites aux environs de Marseille, tels que Glanum ou St-Blaise…

L’huile d’olive était dans l’antiquité d’un commerce courant. Elle servait aussi bien de combustible pour l’éclairage, d’onguent pour les athlètes du gymnase, de baume salvateur dans différentes préparations médicinales et bien sûr comme composant de base de la cuisine.

Son utilisation pour les soins du corps (aux thermes, après le bain ou pour accueillir dignement un étranger) se confond dans le temps avec l’usage sacré. La tradition de « L’Onction Sainte » ou du « Saint Chrème” révélée à Moïse dans la Bible (Exode) s’est transmise par delà les siècles. C’est la même huile qui servait au sacre des rois, c’est encore cette huile que l’on utilise pour baptiser les enfants et bénir les morts (extrême onction). Autre symbole biblique, celui du rameau d’olivier que la colombe rapporte à Noé, pour lui révéler la présence tant attendue d’une terre émergée, aujourd’hui symbole d’espérance et de paix.

L’olivier, un arbre à tout faire

Son huile sert aussi bien pour la cuisine qu’en pharmacie ou en cosmétique. Ses bienfaits sur l’organisme étaient reconnus par les Antiques (Pline l’Ancien) et sont redécouverts aujourd’hui à travers des études de grands laboratoires pharmaceutiques. Elle sert également de base au savon et entre à 72% dans la composition du célèbre savon de Marseille.

La culture de l’olivier dans notre région, plus où moins valorisée selon les époques, se pratique aujourd’hui sur l’ensemble du territoire. On découvre des oliviers sur des bandes de terres resserrées, en restanque, à flanc de coteaux, sur les bords des routes, en complantation avec d’autres utilisateurs de la terre (comme la vigne, les céréales ou les arbres fruitiers), ou de plus en plus fréquemment, en vergers dans les plaines. Même s’il existe des catégories d’arbres et d’olives déterminées, chaque pays, chaque terre, chaque parcelle produit une olive qui lui est propre.

Comme pour le vin, nombreux sont les aspirants à l’AOC « Appellation d’Origine Contrôlée ». Telle la Vallée des Baux qui l’a obtenue en 1997.

On en mangerait !

Certaines variétés d’olives sont destinées à la confiserie, c’est-à-dire à la consommation de table courante. Entières, dénoyautées, cassées ou salées… Il existe environ 650 variétés d’olives.

En voici quelque unes parmi les 650 existantes :

  • l’Aglandou, répandue dans toute la région, riche en huile (20 à 23%) à la fois onctueuse et agressive.
  • la Grossane a un rendement plus faible (15-16%) douce souple et onctueuse, elle a peu de charpente.
  • la Salonenque (de Salon), cultivée dans les Bouches-du-Rhône, utilisée telle quelle pour les olives cassées de la Vallée des Baux, et pour l’huile.
  • la Picholine, petit fruit, allongée et pointue utilisée verte, â la peau lisse et ferme, donne ce goût connu de feuillu et d’artichaut.
  • la Verdale, tachetée de petits points blancs, fait le lien entre la Grossane d’un côté et la Salonenque et l’Aglandau de l’autre. Elle est longue en bouche et a du retour.
  • la Lucques, de bonne taille (allongée) et de bonne chair, pointue et cueillie vert foncé en octobre.
  • le Cailletier ou la Caillette – la petite niçoise -, petite olive noire récoltée tardivement en mors dans les AlpesMaritimes, chair fine et huile aux saveurs de noisette, d‘amande et d’anis.
  • la Tanche ou olive de Nyons, fruit rond en forme de cœur, qui se ride au fur et à mesure de sa maturité, pour devenir d’un noir franc. Son huile est douce et parfumée.

On en boirait

Les olives qui doivent servir à la fabrication de l’huile sont apportées au moulin dans un délai de 3 à 4 jours maximum pour ne pas perdre leur fraicheur. Elles sont ensuite lavées ou non, dénoyautées ou non, effeuillées ou non, chaumées (en légère fermentation) ou non… Tout dépend du moulin, qu’il soit traditionnel ou moderne. Là, tout est affaire de goût et de conviction. Toutefois le procédé pour la fabrication de l’huile d’olive première pression à froid suit toujours plus ou moins le même principe. Les olives sont broyées pour en extraire une pâte épaisse. Cette pâte est ensuite étalée en de larges couches sur des scourtins (sur des nattes rondes, en fibres végétales autrefois, en fibres synthétiques aujourd’hui) empilés les uns sur les autres et fortement pressés. En sort un jus de couleur vert sombre à or qui rejoint directement la centrifugeuse où l’huile est finalement séparée de l’eau. L’huile nouvelle a un goût très prononcé et légèrement piquant dans la gorge. Directement consommable, elle perdra cette particularité après quelques mois.

Pour obtenir une huile riche et personnalisée, il est d’usage de mélanger plusieurs variétés d’olives à différents stades de maturation, chacune apportant une amertume, un fruité, une tenue en bouche différente. C’est dans ce minutieux dosage que chaque huile peut se targuer de séduire des palais différents. Comme pour le vin, il existe des goûteurs d’huile et un vocabulaire aux infinies nuances pour exprimer tous les goûts, les saveurs et les subtilités de chacune de ces huiles.

On entre comme dans un moulin

Hormis les grandes exploitations agricoles, il existe quantité de petits producteurs qui ne possèdent que quelques arbres. Chacun apporte sa récolte d’olives pour la faire presser au moulin ou à la coopérative. L’agriculteur (ou le particulier) paie un droit de triturage (procédé d’extraction de l’huile), dépose ses olives et repart avec son huile. Il peut aussi vendre directement ses olives et racheter des bouteilles.

La production d’olives et d’huile d’olive en France est largement inférieure à la demande. Mais la notoriété de nos huiles « artisanales” augmente peu à peu, qu’elles soient encore fabriquées traditionnellement ou avec des équipements modernes, (législations européennes obligent).

Les différentes appellations « huile d’olive vierge »

L’huile d’olive vierge est obtenue uniquement à partir du fruit de l’olivier par procédé mécanique ou physique à l’exclusion de tout traitement chimique et se classe en plusieurs catégories :

  • huile d’olive vierge extra : de goût parfaitement irréprochable dont l’acidité ne dépasse pas 1 %
  • huile d’olive vierge : de goût irréprochable à l’acidité inférieure à 2 %
  • huile d’olive vierge courante : huile de bon goût à l’acidité de 3,3 %
  • huile d’olive rafinée : obtenue par affinage d’huile d’olive vierge

Seules les deux premières huiles sont obtenues par pression à froid et bénéficient de la double appellation huile vierge et produit naturel.

En savoir plus

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