Itinéraire 6 : La Corniche d’or et la forêt des Maures

La mer à la montagne

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Distance : 240 km | Durée : 2 jours avec une petite baignade en Méditerranée ou 1 jour et demi plus sportivement | Niveau : Idéal en duo, encore mieux à plusieurs moto

Yves-MerensYves Merens
Journaliste
Belge, journaliste auto et moto, il apprécie les grandes randonnées deux roues sans contraintes. Et le soir venu, il retrouve avec bonheur ce pays plein de saveurs qui lui fait découvrir toute cette gastronomie qu’il aime tant.


Entre mer et lacets montagneux, faut-il faire un choix? Non, cet itinéraire sportif, sur les routes sinueuses de l’arrière-pays du Massif des Maures, s’accroche à la Corniche d’Or pour célébrer le farniente de stations balnéaires aux eaux cristallines de l’Estérel.

Balade iodée

C’est en rade d’Agay que débute notre balade. Véritable hanse marine, le village s’ouvre sur le massif de l’Estérel où l’on repassera en moto le deuxième jour. Après un clin d’œil à la stèle de Saint-Exupéry, qui se maria ici, on se prend pour un aventurier. Et ça tombe bien puisque la bécane n’attend que ça. Longeant la mer vers Saint-Raphaël sur la Nationale 98, on passe à côté du Cap de Dramont et on aperçoit l’Ile d’Or et son sémaphore, qui dit-on, inspira Hergé.

On est en mode balade, puisque la côte est fréquentée et que la N98 est l’axe principal du coin. Cool, on ouvre le casque modulaire, on prend le vent pour sentir l’iode tout en passant à côté du casino de Saint-Raphaël et des luna-parcs de Fréjus.

Cette partie fait la part belle à la Côte d’Azur, on en oublierait presque la cavalerie que l’on a sous la selle.

L’envie est là, mais c’est encore un peu tôt pour plonger dans les flots, on accélère un peu la cadence avant Sainte-Maxime, la N98 se fait moins urbaine. Elle suit alors le littoral au plus près, la moto est presque éclaboussée par l’écume.

Après une petite pause sur la plage, il est temps de lui tourner le dos. Les fourmis démangent les pistons. Prenons de la hauteur et allons chercher quelques lacets dans le Massif des Maures.

Cigales et prise de hauteur

Direction Plan-de-la-Tour par la D25. Les intrépides qui veulent allonger la sauce resteront sur cette D25 jusqu’au col de Gratteloup. Une belle montée sécurisée quasi rectiligne de 10 km que l’on quitte au sommet pour emprunter la minuscule et tortilleuse D44 vers Plan-de-la-Tour. Après le bon rythme de la D25, il faut lâcher les gaz et contrôler sa monture. Les vues sont magnifiques et les ravins vertigineux. On oublie complètement que l’on vient de quitter la mer. Quel spectacle et quelle tranquillité.

Après Plan-de-la-Tour, le flanc des pneus peut se réchauffer. Penchons-nous sur, ou dans, le Col de Vignon et ses 352 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer. Ici, on se rend bien compte de ce que veut dire cette expression, elle qui est si proche cette Grande Bleue et on est déjà si haut…

La D74 devient D75 sans s’élargir. C’est sinueux et encadré par une végétation superbe. Les chênes Liège se dénudent et font chanter les cigales, que l’on entend même à travers le casque. Lors de notre dernier passage, en automne, pas besoin de boules Quies contre les insectes, par contre, les odeurs de la nature se révèlent. L’on croirait presque sentir l’omelette à la truffe régionale. Un plaisir qui pénètre le cuir de son blouson.

A cette altitude, rare sont les oliviers. Carte postale de la région, ils n’apparaîtront que plus bas dans la vallée. Par contre, juste avant la Garde-Freinet, la végétation change encore. C’est le début du plateau de la Plaine des Maures. Ses ruisseaux emplissent des mares à l’ombre d’une autre star locale, le pin. On sent ici un autre écosystème fragile où renoncule de Ravelière, langue-de-serpent et Sérapias négligés roses cohabitent. Un écriteau le prouve aux motards qui, comme moi, ne sont pas botanistes 😉

Âmes médiévales et légendes en pagaille

La route s’élargit après la Garde-Freinet en devenant D558. De quoi prendre plus d’angle dans ces grands virages. Un plaisir qui fait se concentrer plus sur la conduite et qui ouvre le chemin vers un village magique : Grimaud.

Charmant village médiéval, il faudra apprécier à pied ses rues pavées et fleuries qui serpentent avec fantaisie de l’église romane aux ruines du château féodal. Une étape nécessaire pour se détendre, s’étirer un peu avant de descendre vers Cogolin.

La légende veut qu’un martyr génois arriva à Saint-Tropez en barque, surveillé par un coq qui se posa dans un champ de lin : Cogolin, le village des coqs, était né. Nous, ce qui nous a frappé, ce sont les fabricants de pipes. Autre symbole du village, le travail des maîtres pipiers est exposé dans de nombreuses vitrines. Tellement charmant, isn’t ?

St Tropez et la Nationale 7 : deux mythes Provençaux

En sortant du village, on retrouve la N98 jusqu’à Bormes-les-Mimosas et le Lavandou pour rejoindre le pays des palmiers. Endroit de villégiature par excellence, les deux cités côtières orientent le motard vers la corniche des Maures et Cavalaire la sage. Les amateurs du guidon penché pourront emprunter le col du Canadel ou continuer vers Ramatuelle en passant, ici encore, par une nature sauvegardée aux senteurs provençales enivrantes.

Au bout de la D98a arrive Saint-Tropez la mythique. Quel bonheur que de garer sa moto sous les lumières somptueuses du vieux port, devant les yachts, là où les peintres s’en donnent à cœur joie. Ici, la frime permet aux deux-roues extravagants de faire rutiler leurs chromes devant les terrasses de café.

C’est vers l’Estérel que l’on pointe ensuite le GPS pour entamer la seconde boucle de ce grand huit. La N7 qui grimpe prend le nom de RN7, pour cause de virages serrés sûrement. Il ne s’agit pas de lacets mais d’une traversée d’un massif de dentelle rocheuse. Rouges et ciselées, elles inspirent le motard qui passe à leurs pieds tout en leur procurant une route sinueuse ultra-divertissante. C’est cette route que beaucoup de deux roues choisissent, dominée par le Mont Vinaigre que l’on peut atteindre par la route et qui embrasse une vue magnifique sur l’Estérel.

Après tant d’émotions, de lumières franches, de senteurs riches et, admettons-le, avec quelques courbatures, il est bon de finir le parcours en ceinturant l’Estérel par la Corniche d’Or, tellement apaisante. La tension baisse, le corps est dardé de soleil et les souvenirs s’amoncèlent.

Encore quelques pas pour atteindre le cap Roux et admirer un soleil couchant qui enflamme les alentours et donne à la mer une tonalité profonde sur fond de couleurs vives des rochers.

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