Itinéraire 3 : Circuit des trois vallées

Circuit des Trois Vallées

DownloadHerunterladenDownload [NL]Scaricare

Distance : 283 km | Durée : 1 jour et demi à 2 jours | Niveau : moyen/difficile
philippe_chanin
Philippe Chanin

Journaliste
Reporter indépendant spécialisé moto, il n’a de cesse d’arpenter les routes de sa région PACA.

« Je prends autant de plaisir à lézarder nez au vent à bord d’une grosse GT qu’à visser la poignée en coin sur un circuit de vitesse ».


En arrivant du nord, Briançon vaut porte d’entrée symbolique du Circuit des Trois-Vallées. Cette place forte de Vauban, plus haute ville d’Europe (1 326 mètres), mérite qu’on s’y arrête pour visiter son centre ancien escarpé et rassembler ses forces avant d’attaquer le proche col d’Izoard ouvert à la circulation entre juin et octobre.

Névache ou le plaisir d’un motard au bout du monde

Il va sans dire que notre itinéraire ne se pratique en intégralité qu’en période estivale. Mais avant d’attaquer la (grande) boucle, nous vous proposons de visiter Névache en guise de mise en bouche. On y accède par la vallée de la Clarée et la vallée Etroite sous le regard des pécheurs trempant leur ligne dans le torrent. C’est une succession de petits villages traditionnels des Alpes. L’accès au plus lointain, Névache, s’effectue par une navette du 14 juillet au 15 août. Impression de bout du monde et demi-tour obligatoire jusqu’à la traversée de Briançon pour joindre le col d’Izoard. Plus facile à moto qu’à bicyclette, son ascension n’en est pas moins délicate et divinement réjouissante pour le motard bien dans ses bottes. La route parfaitement revêtue grimpe en flèche, dévoilant ses courbes désertes aux rayons très variables sur une quinzaine de kilomètres. Souvent, la poignée de gaz démange… En traversant la forêt de Cervières il n’y a pas obligation d’attaquer, d’autant que les virages serrés ne préviennent pas toujours. A l’approche du sommet (2 361 mètres), des épingles s’enchaînent par dizaines dans un paysage quasi-lunaire. Une pose au refuge Napoléon transformé en bar pour les assoiffés, puis c’est la désescalade sur la face sud taillée dans un gigantesque pierrier. Ravins vertigineux et absence de barrière appellent à une grande prudence. Au détour d’un virage, la forêt occupe à nouveau l’espace, c’est le retour vers la vallée.

La Grande Traversée des Alpes !

Château-Queyras vaut un petit crochet avant la traversée de la Combe du Queyras, au sein du Parc idoine ! Deux petits kilomètres, voilà la distance à effectuer dans une gorge étroite pour admirer le village perché sur son verrou rocheux. En poussant plus loin sur la D5, on arrive à Saint-Véran, plus haut village d’Europe, recensé parmi les Plus Beaux Villages de France. Que de Plus… De retour sur la D902, on franchit des tunnels où l’eau ruisselle des murs. Soudain, la route s’ouvre sur un défilé évoquant le canyon du Colorado. Magnifique ! Dans l’eau tourmentée des gorges profondes, des hydro speed s’ébattent. Guillestre est annoncée et après elle le col de Vars, autre morceau de bravoure de notre itinéraire à 2108 mètres. Encore une prise d’altitude rapide, encore des virages à bonheur ! En haut du col, après la station de renom, une photo devant la borne séparant les Hautes-Alpes des Alpes-de-Haute-Provence s’impose. Il peut y faire très chaud ou très frais (sortez couvert). Même en été, la neige reste accrochée aux sommets environnants. La remise en selle nous entraîne dans une plongée rafraîchissante vers la vallée de l’Ubaye. Depuis les nombreux ponts, la rivière laisse deviner ses tumultes. L’Ubaye est un haut lieu réputé des sports d’eau vive. En rattrapant la D900, le ruban de goudron gris s’élargit. Nous sommes toujours sur la route de la Grande Traversée des Alpes qui compte quinze cols. Barcelonnette pointe son nez. C’est la capitale de la vallée. Outre son centre animé, on peut y admirer les nombreuses maisons de style mexicain, érigées par les émigrants revenus au pays. Après la Fresquière, la route qui colle aux méandres de l’Ubaye s’étroitise à nouveau. Un orage et ce sont des dizaines de pierres détachées de la paroi qui jonchent le goudron. A Lauzet, on peut se jeter dans l’eau (vive) ou visiter l’église. Au-delà, la D954 devient peu fréquentée. A la sortie d’un tunnel percé dans l’ardoise, une pointe bleu d’azur s’insinue sous vos pieds.

Le lac de Serre-Ponçon : étape incontournable avant la haute-montagne

Inspirez – expirez, vous contournez le lac de Serre-Ponçon par sa rive droite, la plus sauvage. Au Sauze-du-Lac, le panorama est grandiose. Il faut stopper son moteur pour se laisser séduire par une vue plongeante sur la plus importante retenue d’eau d’Europe. Le parc zoologique de Montagne propose un spectacle de rapaces en vol. Sur le lac, les vaguelettes scintillent au soleil présent dans la région plus de 300 jours par an. Au loin, un bateau tire un ski nautique. Immenses colonnes surmontées d’élégants chapeaux, les Demoiselles Coiffées de Théüs, à quelques encablures par la « terre », incitent à un nouvel arrêt. Leur forme étrange est due à l’érosion de roches de duretés différentes. Depuis le parking, un couple courageux entame une marche jusqu’à leur base. En ferez-vous autant ? La route suit les reliefs de la berge sur encore vingt kilomètres. Elle est merveilleuse, paisible, enjôleuse. Sous les pins, on distingue des campings « pieds dans l’eau ». En toile de fond, le pont de Savines barre le lac dont il permet la traversée. Au village, comment ne pas se désaltérer avant de louer un pédalo, un canoë ou d’entamer une promenade en bateau ? Embrun, qu’une voie rapide contourne, est située tout en haut du lac. Jusqu’à l’Argentière-la-Bessée, la N94 longe la Durance. C’est une étape de liaison avec, parfois, des portions de quatre voies ponctuées d’invitations à troquer le guidon pour la rame d’un raft. A mi-chemin, il faut visiter le fort de Mont-Dauphin qui surplombe la route et grimper, si on en a le temps, jusqu’à la station de Risoul (D 902 – D 186) où le VTT remplace le ski en été. Un peu plus loin, le gouffre de Gourfouran s’ouvre aux visiteurs. C’est la dernière pause avant d’atteindre l’Argentière-la-Bessée, dont ne subsiste des mines d’argent et d’aluminium qu’un musée. Sanctuaire d’un univers de pureté, l’Ailefroide vaut qu’on se détourne de la route principale. Celle qui y mène s’enfonce entre les sommets du massif des Ecrins. Les maisons cèdent aux chalets, la température fraîchit ; ici commence la haute montagne. Signe de multiples activités vouées à la nature, Vallouise ressemble à un village de vacances toujours en ébullition. En traversant Pelvoux, une auto passe à peine entre deux maisons tant elles sont proches. Un tunnel, un pont, un torrent et la route revêtue de neuf serpente dans l’épaisse forêt où le soleil filtre à peine jusqu’à ce que, tout à coup, nous évoluions à découvert avec le glacier en point de mire. On en ira jusqu’au pied, après avoir franchi le camp de base des marcheurs, grimpeurs et vététistes planté de mille tentes. Là, même les sapins se font rares. Equipé ou pas pour la grande randonnée, après ce grand bol d’air frais il faut revenir sur ses pas. Dernier plaisir du jour, aux Vigneaux, peu avant L’Argentière, il est préférable de prendre la D4 qui court en flanc de colline au-dessus de la N94 pour rejoindre Briançon, point de départ et de fin de cette formidable boucle des Trois-Vallées.

Téléchargement

gps-garmingps-tomtomgps-googleearth

Laisser un commentaire