Itinéraire 14 : La route de la lavande dans les Baronnies du Buech

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Distance : 170 km | Durée : 2 jours | Niveau : moyen à difficile

philippe_chaninPhilippe Chanin
Journaliste
Reporter indépendant spécialisé moto, il n’a de cesse d’arpenter les routes de sa région PACA.

« Je prends autant de plaisir à lézarder nez au vent à bord d’une grosse GT qu’à visser la poignée en coin sur un circuit de vitesse ».


Besoin de se ressourcer, envie de rouler loin du trafic, de découvrir l’insoupçonnable ? Ne cherchez plus et prenez la direction du village de Serres, dominé par son piton rocheux. De là, vous partirez à l’asseau de la vallée du Buech et de ses environs. Dépaysement assuré !

A 32 km de Sisteron où commence et fini l’autoroute A51, Serres est l’ère de pose de nombreux vacanciers en transit de Grenoble vers la grande bleue. Ses cafés sont prisés et le centre ancien courtisé. Mais la place centrale de Serres, où nous reviendrons en cours d’itinéraire, n’en est que le point de départ. Justement…

Au cœur du Pays du Buëch

Quoique voie d’importance du département haut-alpin, la D994 qui ouvre en direction de Nyons reste peu fréquentée. C’est un régal intégral pour motard garanti sur 25 km non-stop, pour peu qu’il ne lui préfère un autre régal, celui d’une dégustation de miel à Montclus ou juste avant Lépine. A gauche  démarre la D425, signalant le Prieuré de Saint-André-de-Rosans, dont le nom n’évoque sûrement rien pour vous. Normal, cet itinéraire, qui met l’accent sur la découverte, ne traverse aucun lieu touristique majeur ! Avec la D425, changement de tableau : au cœur du Pays du Buëch, le désert humain et mécanisé commence pleinement ici, sur cette route étroite baignée de nature, raccords et gravillons en prime. Vous aurez tout loisir d’y admirer la biodiversité des lieux, à condition de ne pas vous crisper sur votre conduite. Respirez et, à 30 km/h levez le nez, car au sommet d’une pente, la vue de Saint-André, de son prieuré en ruine et des champs alentour où paissent des vaches claires, vaut son pesant de photos numériques.

Tout au long de ce magnifique parcours, vous apercevrez de-ci de-là des lavandes pousser par bouquets à l’état sauvage, mais rarement de cultures (voir itinéraire 11 : les routes des lavandes de Carpentras à Grasse). Juste avant le village, des roches aux formes étranges semblent avoir poussé en bordure de route.

Maîtrisez votre monture!

Dans Saint-André, tirez droit en direction du moulin de Mange-fève. Admirez les chênes, les pins et les noyers, mais restez vigilants. Notre Goldwing a eu parfois du mal à croiser une auto. Les (rares) locaux ont constitué des tas de bois en prévision de l’hiver, qui peut être rude. Ici, on enregistre jusqu’à –10° ! A l’intersection avec la D116, ne cherchez pas d’indication et bifurquez à gauche. Dans le col du Reychasstet, on ne croise pas un chat, tout au plus un renard qui ne vous ramassera pas si vous chutez bêtement en raison du sol glissant, des graviers ou de pierres tombées sur la route. Un conseil, soyez prudents si vous voulez atteindre le sommet à 1 052 mètres. Profitez humblement du couple de votre moteur sans narguer outre mesure nos amis les cyclistes, tirant la langue sur « leur » bécane.  A Villebois-les-Pins, suivez le panneau Laborel par la D65b. Dans l’ascension du col de Pierre Vesque, n’espérez aucun répit. C’est virage sur virage, souvent sur le premier rapport ! Sur l’autre versant, la descente est aussi périlleuse que le paysage est grandiose. En gravissant le col Saint-Jean, vous vivrez les mêmes frissons avant de pointer tout en haut, à 1 158 mètres. Avez-vous remarqué qu’il n’y a aucune station-service depuis votre départ de Serres ? En retombant sur la D170, vous penserez avec justesse être passé par là. C’est le chemin à l’envers, sur quelques kilomètres. A Laborel, ne poursuivez pas en direction de Villebois-les-Pins, mais suivez cette fois la D65, puis la D30 par la crête de Jaunard jusqu’au village médiéval d’Orpierre. A Lagrand, vous éviterez la D1075 chargée de circulation aux beaux jours, pour encore quelques kilomètres de calme à travers les D949 et D50 devenues enfin planes. Une fois parvenu à Serres, replongez-vous dans un bain de foule si la saison y oblige et, très vite, prenez la D27 qui défile sous les crêtes. Le village de Sigottier est posé sous un rocher. Il n’y a rien d’étonnant à ce que ses sites d’escalade soient tant réputés. Ignorez le col de Carabes. Sur le bitume usé de la D227, vous ne verrez aucun signe de modernité. Êtes-vous au XIXème ou au XXIème siècle ?


A Aspremont, la médiévale

A Aspremont, vous toucherez sans l’emprunter, la E172 avant de rebondir sur la D993b plus excitante à moto. Plus large, la D993 s’impose ensuite jusqu’à la Beaume où l’on a l’habitude de contempler la vue panoramique. Après avoir basculé à droite sur la D28, la route s’élève, domine la vallée puis s’enfuit vers les monts. Fermé en hiver, le col de la Haute-Beaume culmine à 1280 mètres. La nature reprend ses droits. Sur la route, vous aurez une vue plongeante sur le village de Creyers avant la succession de minuscule hameaux qui prendra fin en arrivant sur la D1075 à la Faurie. Là, vous redescendrez sur Serres que vous atteindrez après 20 km, dans plus de circulation entre la ligne de chemin de fer ouverte en 1875 et le cours du Grand Buech. Les belles histoires, aussi, ont une fin…

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