Le cinéma en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Un siècle d’histoire d’amour

Si les projecteurs sont braqués chaque année sur le festival de Cannes, son prestige et son cortège de stars, on oublie souvent que notre région vit une intense histoire d’amour avec le cinéma depuis plus d’un siècle. Une histoire qui commence à La Ciotat avec les frères Lumières, continue à Marseille et Aubagne avec Pagnol et se poursuit encore aujourd’hui à Nice, dans les studios de la Victorine… Sa consécration, le festival international du film de Cannes.

Antoine Lumière, industriel lyonnais fortuné et proche de la retraite, vient s’installer à La Ciotat en 1891, séduit par la douceur de vivre de cette petite ville balnéaire. Ses deux fils, Louis et Auguste, partagent la même passion pour l’image. Partant sur les traces du kinescope inventé par Thomas Edison, qui permettait de regarder bouger une image par un oculaire, Auguste et Louis s’attellent à la fabrication d’un appareil à la fois plus léger et, surtout, capable d’envoyer l’image « vivante » sur un grand écran.

La Ciotat, berceau du 7ème Art

L’année 1894 couronne leurs efforts et, le 21 septembre 1895, le premier film de l’histoire du 7ème Art est projeté devant un parterre de Ciotadens invités par Antoine Lumière. C’est le choc. Et c’est un triomphe. Avec « L’entrée en gare du train de La Ciotat » vient de naître le cinématographe. Après cette projection privée eurent lieu régulièrement des projections publiques à l’Eden-Théâtre, aujourd’hui considéré comme le plus vieux cinéma du monde.

Les parisiens devront attendre plusieurs semaines, jusqu’au 28 décembre 1895, pour assister à leur tour à la projection de « l’entrée en gare ». C’est d’ailleurs cette date qui a été retenue pour la naissance officielle du cinéma.

Enfant d’Aubagne et de Marseille, Marcel Pagnol (1895-1974) a donné ses lettres de noblesse au cinéma méridional. Son amour pour la Provence, ses collines arides, ses sources cachées et les hommes qui l’habitent, a donné naissance à un style unique, à la fois profondément méridional et formidablement humaniste. Cette magie a conquis d’abord la France, puis le monde entier.

Savoureux, parfois excessivement drôle, toujours tendre, symbole de tout un art de vivre, le cinéma de Pagnol naît en 1931 avec « Marius ». Les films parlants n’en sont qu’à leurs balbutiements, mais le ton est donné. L’année suivante, le cinéaste crée sa maison de production qu’il installe en plein Marseille, près du Prado – ces studios fonctionnes d’ailleurs sans discontinuer pendant la seconde guerre. Après « Marius » vint « Fanny ». Portée au théâtre à Brodway, « Fanny » fait un tabac. « César » achèvera la trilogie en 1937. Entre-temps, Pagnol a offert à son Midi un acteur d’exception : Jules Muraire, que l’on appelle tout simplement Raimu.

D’innombrables cinéastes et comédiens ont marché – et marchent toujours – dans les traces de Marcel Pagnol. Son écriture, son langage, son style à la fois naïf et authentique ont véhiculé l’essence de la Provence. L’essence et peut-être aussi l’essentiel.

La Victorine, les studios du siècle

Si Gaumont s’installe à Nice dès 1913, c’est approximativement en 1919 qu’on été créés les studios de La Victorine. A l’époque il y en avait 13, répartis entre Cannes et Mention. Tous les cinéastes obéissaient alors au même impératif : le besoin d’espace et de lumière. Avec leur ensoleillement unique et leurs paysages déjà célèbres dans le monde entier, les Alpes-Maritimes inspirent très vite les plus grands metteurs en scène. La crise de 1929 frappe de plein fouet une industrie « de luxe », mais les studios vont se moderniser. Ils accueillent notamment Marcel Carné (« Les visiteurs du soir », 1942), René Clément (« Jeux interdits », 1951), Alfred Hitchcock (« La main au collet », 1954). Les années 60 voient l’arrivée d’une autre forme de cinéma ; on préfère désormais les décors naturels aux studios. Vient ensuite la consécration d’un nouveau genre : le film publicitaire.

Le festival de Cannes : une pluie d’étoiles

Rendez-vous mondial de l’industrie cinématographique, le festival de Cannes aurait dû avoir lieu pour la première fois le 1er septembre 1939. Mais la déclaration de guerre empêcha la manifestation, qui fut reportée jusqu’au 20 septembre 1946. Cette année-là, les premiers prix d’interprétation revinrent à Michèle Morgan et Ray Milland. Depuis a été construit à Cannes le fameux Palais des festivals. Fans et cinéphiles du monde entier ont les yeux braqués sur la Croisette et sur des marches d’escalier devenues mythiques. C’est aujourd’hui l’événement le plus médiatisé au monde après les Jeux olympiques.

Lieux de tournage en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Retrouvez ces lieux de tournage grâce à – la géolocalisation de – l’application Ciné PACA (iPhone & Android) !

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